15 octobre 2009
Le corps en Occident et en Orient
Ceci est une conférence donnée par l'un des deux auteurs de ce blog, le 27 septembre 2009, à l'occasion de la fête d'Accueil naissance, à Paris dans le 13e arrondissement :
Une légende tenace veut que notre Moyen Age fut une période sombre ou nos ancêtres étaient plutôt frustres et sales. Il suffit de se souvenir du film les Visiteurs et du personnage campé par Christian Clavier.
Pourtant dès le 12e siècle, les peintures, les gravures, les sculptures et les textes montrent une autre réalité.
Les préoccupations d'hygiène nous ont été léguées par les Arabes ; eux-mêmes les avaient recueillis auprès des Grecs et des Romains. Citons par exemple, le médecin grec Galien (Γαληνός, v. 130-v. 216) qui recommandait les cures thermales.
En 1292 à Paris, il y avait 27 étuves publics (selon le Livre de la taille de 1292, le plus ancien registre de la taille conservé), Paris s'étendant alors sur seulement 272 hectares, cela signifie qu'il y avait en moyenne une étuve pour 10 hectares ! Les femmes et les hommes s'y baignaient ensemble et même fréquemment s'y lavaient l'un l'autre.
Il pouvait aussi y avoir des baignoires, nommées cuviers, pour les couples, comme on le voit sur le Manuscrit de Valerius Maximus du 15e siècle, où l'on mangeait nu pendant les ablutions.
On usait aussi de savon ou de saponaire (Saponaria officinalis), de dentifrices et de shampooings à base de plantes.
Saponaria officinalis
Et on prêtait une attention toute spéciale aux bébés qu'il était recommandé de laver quotidiennement.
La paysanne ou le paysan entraînait, bien entendu, naturellement son corps. C'était le cas également de nombres d'artisans.
Le moine défrichait et cultivait son jardin.
Le chevalier pratiquait l'équitation, la lutte et le maniement des armes.
Sans parler du fait que tous n'utilisaient ni voiture, ni métro, ni ascenseur, ni escalier mécanique, ni machine à laver, etc.
Puis, vint la Renaissance et, encore plus le 17e siècle, qui virent d'un mauvais œil ces pratiques corporelles.
Pour René Descartes (1596-1650), le corps et l'esprit sont « réellement distincts », c'est le fameux « dualisme cartésien ». Toutefois, on omet, bien souvent, de préciser que pour lui, le corps et l'esprit interagissent l'un sur l'autre.
Au 19e siècle, les gymnastiques n'entraînent qu'une section du corps à la fois, telle la gymnastique suédoise très prisée à l'époque.
On en arriva à la fin du 19e et au début du 20e siècles à d'insensées extrémités. Ainsi, dans certaines pensions religieuses pour jeunes filles, il était rigoureusement interdit de laver les « parties honteuses ». On imposait même des blouses à trous, pour se doucher sans être nus, on se lavait en passant le gant de toilette à travers les trous.
Du coup, notre civilisation se trouva mal dans son corps et se trouve toujours mal. On a méprisé le corps, on l'a séparé artificiellement de l'esprit, alors que l'on n'a jamais réussi à faire vivre un cerveau au-dehors d'un corps.
Dans la vie quotidienne, l'homme moderne pousse son corps sans l'écouter, en se stressant, en consommant du café, du tabac, voire des substances encore plus toxiques.
L'homme moderne a ses épaules trop contractées, souvent relevées, il est recroquevillé, il respire mal, peu profondément, son corps est raide, ses hanches sont fixes et sa colonne vertébrale ne joue plus son rôle de ressort, surtout chez les hommes car ils n'accouchent pas ! Les différentes sections du corps ne sont plus capables de se mobiliser dans le bon ordre, afin d'amplifier l'énergie cinétique qui traverse le corps, nous allons bientôt reparler de ce point.
Pour réapprendre à utiliser son corps, l'homme moderne se tourne vers des pratiques d'origine orientale, comme le yoga (योग), les divers massages, le tantrisme (तन्त्र) et les arts martiaux.
Personnellement je pratique les arts martiaux chinois et le Taiji Quan (太極拳) depuis 34 ans.
Prenons deux exemples...
Nous n'aborderons pas ici les soi-disantes performances physiques présentées lors de démonstrations publiques, tel que tordre une lance en mettant la pointe sur sa gorge, ces jongleries ne reposant que sur des astuces physiques, voire parfois sur des trucages.
Pour le premier exemple, nous constaterons que l'homme moderne, s'il a besoin de pousser, va trop souvent bloquer son corps (son taille, son dos, son buste et ses épaules), pour prendre appui dessus et il n'utilisera que son bras pour pousser. En fait, il n'utilisera quasiment que son triceps, le muscle que l'on développe en faisant des pompes. Ce muscle est peu volumineux et peu puissant même chez les athlètes.
Le pratiquant de Taiji Quan, lui, utilisera tout son corps et notamment sa taille. Ainsi, il va se servir des muscles de sa jambe et de sa taille, bien plus volumineux et puissants que le triceps. Pour cela, certains muscles antagonistes seront relâchés, notamment les épaules afin de lancer les bras.
Notons que la contraction des différents muscles n'est pas simultanée, mais qu'elle traverse le corps telle une onde, avec un retard d'une partie à l'autre. Ce retard vient du fait que les différentes sections du corps ne sont pas dures comme la boule de billard des problèmes scolaires de collisions élastiques.
Le pratiquant de Taiji Quan va de plus prendre appui sur le sol, en baissant son centre de gravité. C'est le principe de l'arc-boutant appuyé sur le pilier de culée des cathédrales gothiques.
Cathédrale Notre-Dame de Paris et ses arcs-boutants
Cette connaissance du corps sert aussi à connaître le corps de l'autre. « Connaître l'autre et se connaître soi-même » (知彼知己 zhi bi zhi ji) recommandait déjà Sunzi (孫子, fin 6e-début 5e av. J-C), il y a 2 500 ans.
Aussi le deuxième exemple, que nous allons évoquer, est le Tingjing (聽勁), la « Force qui écoute ». La main en contact avec l'autre, on l'écoute, afin de prévoir ses mouvements. On ressent les contractions musculaires, les translations du centre de gravité et les petits mouvements d'élan, dans la main.
J'espère que ces deux exemples vous auront fait entrevoir les richesses que recèle notre corps...
Pour conclure, ajoutons que ces notions n'étaient pas inconnues de l'Occident.
Pour ne citer qu'un exemple fameux, tout paysan savait bien que, pour manier sa large faux, il fallait utiliser tout son corps, en le coordonnant bien, et non les bras seuls.
Le philosophe Socrate (Σωκράτης, 5e siècle av J-C) au fronton du temple de Delphes (Δελφοί) lisait ce conseil : « Connais-toi toi-même » (Γνῶθι σεαυτόν).
Enfin le maître d'armes ésotérique espagnol, Jerónimo de Carranza (?-1600), inspiré par Raymond Lulle (v. 1232-1316), dans son traité « Philosophia de las armas » parlait du Tacto (le Tact, au sens de contact tactile). Les escrimeurs français parlèrent, par la suite, de « sentiment du fer ».
Pour conclure, les secrets du corps étaient détenus aussi bien par l'Orient... que par l'Occident.
Bibliographie :
Besnard Charles, Le Maistre d'armes libéral, 1653.
Closson Monique, Historama n°40, juin 1987 (http://medieval.mrugala.net/Bains/Bains.htm).
Damasio Antonio, L'Erreur de Descartes : la raison des émotions, Odile Jacob, 1995.
Descartes René, Discours de la méthode, 1637.
Descartes René, Traité des passions, 1649.
Huard Pierre & Wong Ming, Soins et techniques du corps en Chine au Japon et en Inde, Berg International, 1971.
Pernoud Régine, Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, 1977.
Thibault d'Anvers Girard, Academie de l'Espee, 1630.
13:40 Ecrit par Wenwu dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corps, esprit, arts martiaux, occident, orient, gymnastique, tingjing
04 avril 2009
Quelques nouvelles réflexions sur l’origine du Taiji Quan
Avant de prendre connaissance du texte qui suit, il est conseillé de relire celui du 14 décembre 2006 intitulé :
L’origine du Taiji Quan et son rapport avec le Shaolin Quan
Rappelons simplement que certaines caractéristiques de l'enchaînement Xinyiquan (心 意 拳) de la famille Jia (賈) ressemblent tant au Taiji Quan (太 極 拳) qu'ils ont clairement une origine commune. Reste à déterminer le lien exact de parenté...
En 2007, dans un jardin public, alors que nous montrions à l’un de nos élèves ce Xinyiquan, un professeur chinois d’arts martiaux, Zhang Aijun (張 愛 軍), nous a abordé.
Il était étonné que nous connaissions cet enchaînement qu’il avait lui-même appris dans la province du Henan (河 南) auprès de Jia Zhaoxuan (賈 召 宣).
Plus tard autour d'un verre, nous avons poursuivi cette discussion.
Le site de Zhang Aijun
(http://www.zhaobao.fr/index.html)
Zhang Aijun nous a dit qu’il connaissait cet enchaînement sous le nom de Xiequan (斜 拳 Boxe en oblique) et qu’il était pratiqué à Zhengzhou (鄭 州) et dans ses environs. Zhengzhou est une grande ville à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Est de Shaolin, à une quarantaine de kilomètres à l’Est du village des Chen (陳 家 句) et du bourg de Zhaobao (趙 堡 鎮).
Nous-mêmes avons remarqué que Jia Songan (賈 松 安), petit-fils de Jia Zhaoxuan, enseigne actuellement cet enchaînement à Kaifeng (開 封) et à Jiazhai (賈 寨) sous le nom de Shaolin Xiexingquan (少 林 斜 行 拳) ou encore : « Xiexingquan de l'ancienne école de Shaolin » (少 林 古 传 心 意 邪 行 拳). Jiazhai est à une dizaine de kilomètres de Zhengzhou. On peut voir Jia Songan exécuter une partie de cet enchaînement sur : http://www.56.com/u39/v_MTI1MDIzNjQ.html et sur http://www.56.com/u14/v_MTc2OTUzMDc.html.
Jia Songan dans la posture du « Coq d'or qui se dresse sur une patte »
(金 雞 獨 立)
(http://shaolinwushuyuan.51.net/gg/sdmpzs.htm)
Zhang Aijun nous a confié que c'est Jia Zhaoxuan de Jiazhai qui en 1984, au moment de la publication du livre Shaolin Wushu (少 林 武 術), aurait rebaptisé l'enchaînement Xiequan en Xinyiquan et l’aurait attribué à sa famille sans raison fondée.
Le livre Shaolin wushu paru en 1984
Son descendant Jia Songan semble quant à lui réserver le nom de Xinyi Quan (心 意 拳) à son style en général. Xinyi est d'ailleurs un terme classique de Shaolin Quan (la « Boxe de Shaolin » 少 林 拳). Xinyi Quan est par exemple le nom de la boxe de Shaolin du style Yue (岳) ou le nom de celle des élèves de Wu Shanlin (吴 山 林 1875-1970) ; sans parler des enchaînements Changhu xinyimen (長 護 心 意 門) et Xinyiba (心 意 把) du Shaolin Quan.
Zhang Aijun a cité deux autres professeurs, décédés aujourd'hui, qui enseignaient le Xiequan. Ce sont Zhang Rulin (張 儒 林) de Xingyang (滎 陽), à une vingtaine de kilomètres de Zhengzhou, et Li Xinfa (李 新 發) de Zheng Zhou. Une recherche sur Internet montre que cet enchaînement Xiequan est particulièrement rare, puisqu'il est quasiment absent de la « toile ».
Nous avons demandé à Zhang Aijun si l'enchaînement Xiequan différait selon les professeurs qu’il a rencontré. Il nous a répondu qu’il était à chaque fois assez semblable.
Cette parenté est vraisemblablement le signe que tous ces pratiquants descendent d’un même professeur récent.
Mais, d’où ce professeur tenait-il lui-même ce Xiequan ?
Notons que cet enchaînement est parfois enseigné par des pratiquants de Changshi Wuji (萇 氏 武 技) (une boxe, très répandue dans les alentours, se réclamant de Chang Naizhou 萇 乃 周 1724-1783). Toutefois, nous ne croyons pas que cela soit son origine. En effet, les techniques du Xiequan sont assez éloignées de celles du Changshi Wuji qui sont particulièrement caractéristiques.
Trois hypothèses sont possibles
1) Cet enchaînement descend récemment du Taiji Quan ;
2) Il descend d’un ancêtre du Taiji Quan ;
3) Le Taiji Quan descend de l’ancêtre de cet enchaînement.
Etudions tout cela...
Comme nous l’avons déjà dit, dans ce Xiequan, on trouve la même structure et le même ordre des techniques que dans l'enchaînement du Taiji Quan (le « Premier enchaînement » 第 一 路 du style Chen). Toutefois, le coup de poing et ses répétitions y sont absents, comme dans le style Zhaobao du Taiji Quan.
Coup de poing (掩 手 肱 捶) de la famille Chen
Coup de poing (搬 攔 捶) de la famille Yang
Si ce coup de poing a été ajouté dans le Taiji Quan, après sa séparation avec le Xiequan, cet ajout est forcément ancien. Car ce coup de poing se trouve déjà dans le Chenshi quan xie pu (le « Recueil de la boxe et des armes du style Chen » 陳 氏 拳 械 普), un manuscrit qui conserve les anciennes listes d’enchaînements du style Chen du Taiji Quan.
Par conséquent ce Xiequan est un parent proche soit du Zhaobao, soit du style Chen tel qu’il était pratiqué anciennement.
Si l'on dresse la liste des noms de techniques communs à la fois au Shaolin Quan, au Xiequan et au Taiji Quan, on obtient plus d'une vingtaine de noms :
Ao 拗,
Bai he liang xi 白 鶴 晾 翅,
Bai she tu xin 白 蛇 吐 信,
Da hu 打虎,
Danbian 單 鞭,
Erqi jiao 二 起 腳,
Gao tan ma 高 探 馬,
Hui tou wang yue 回 頭 望 月,
Jingang dao dui 金 剛 搗 碓,
Jinji du li 金 雞 獨 立,
Kua hu 跨 虎,
Lianhuan chui 連 環 捶 / Lianhuan pao 連 環 炮,
Long chu hai 龍 出 海 / Long chu shui 龍 出 水,
Qian hou 前 后,
Qixing 七星,
Shi zi jiao 十 字 脚,
Shi zi shou 十 字 手,
Tongbei 通 背,
Wangong she hu 彎 弓 射 虎,
Xie xing 斜 行,
Ye ma fen zong 野 馬 分 鬃,
Yuanhou xian guo 猿 猴 献 果,
Yunding 雲 頂 / Baiyun gai ding 白 雲 蓋 頂,
Yunü 玉 女,
etc.
On peut relever quantité d’autres traits qui ne sont communs qu’au Shaolin Quan et au Xiequan (noms de techniques, manière d’exécuter les mouvements).
Ces caractéristiques sont un peu comme des gènes qui témoignent de l'hérédité...
La parenté entre le Xiequan et le Shaolin Quan est donc évidente.
Si le Xiequan descendait récemment du Taiji Quan, cela voudrait dire que ce dernier aurait perdu toutes ces caractéristiques ensuite ?
Plus exactement, cela signifierait que tous les styles de Taiji Quan (Chen, Zhaobao, Yang 楊, etc.) auraient perdu ces particularités récemment et en même temps.
Cela semble bien improbable.
Ajoutons que les traits propres au Taiji Quan, ceux que l'on ne retrouvent pas dans le Shaolin Quan (le début de l'enchaînement où l'on avance vers l'avant et non sur le côté et le rythme lent en général), ne se retrouvent pas non plus dans le Xiequan.
Au vu de tous ces éléments, il est plus probable que le Xiequan descende d’un lointain ancêtre du Taiji Quan, ancêtre datant d’avant la séparation des styles Zhaobao, Chen et Yang.
Et comme ce lointain ancêtre, commun au Taiji Quan et au Xiequan, avait une tournure bien plus Shaolin que les Taiji Quan actuels, on peut se demander s’il n’était pas tout simplement un enchaînement de Shaolin Quan...
14:06 Ecrit par Wenwu dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : taiji quan, shaolin, xiequan, histoire, recherches
26 mars 2008
La Boxe de la Mante religieuse (Tanglang Quan)
Tanglang Quan est le nom de plusieurs boxes chinoises qui s’inspirent des mouvements des pattes avant de la mante religieuse. On peut classer toutes ces boxes en deux groupes distincts.
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Au Nord de la Chine
Le premier groupe au Nord aurait été créé au 17e siècle par Wang Lang 王郎, natif de la province du Shandong 山東. L’une des plus anciennes traces de son existence se trouve dans un manuscrit de Shengxiao Daoren 昇蕭道人 copié en 1762 : « La vraie transmission de l'habit et du bol du monastère de Shaolin » (Shaolinsi Yi Bo Zhenzhuan 少林衣缽真傳).
Il n’y a pas de preuves historiques de l’existence des générations les plus anciennes de cet art, aussi nous ne présenterons, ici, que les professeurs dont l’existence est attestée.
Ces boxes du Nord se sont subdivisées en quatre branches : Meihua Tanglang Quan, Qixing Tanglang Quan, Liuhe Tanglang Quan et Tongbei Tanglang Quan.
Meihua Tanglang Quan 梅花螳螂拳
La première branche, la « Boxe de la Mante religieuse de la fleur de prunier » (Meihua Tanglang Quan) vient de Liang Xuexiang 梁學香 (19e-début 20e). Des quatre principaux élèves de ce dernier descendent toutes les écoles actuelles :
- Meihua Tanglang de Liang Zhongchuan 梁中川 (19e-début 20e),
- Meihua Tanglang Quan de Jiang Hualong 姜化龍 (1855-1924), enseigné en France par Patrick Cassam-Chenaï,
- Taiji Meihua Tanglang de Hao Lianru 郝蓮茹 (1865-1914),
- Taiji Tanglang de Sun Yuanchang 孫元昌 (19e-début 20e).
Précisons que :
· Le Changquan Tanglang Men 長拳螳螂門 est une création de Wang Songting 王松亭 (1884-1960) spécialement à partir du Meihua Tanglang Quan de Liang Zhongchuan. Le professeur le plus connu à Taiwan de ce style est Gao Daosheng 高道生 (né en 1915).
· Malgré son nom, le Qixing Tanglang Quan de Li Kunshan 李昆山 (1895-1980), un élève de Jiang Hualong, pratiqué actuellement à Taiwan est un descendant du Meihua Tanglang Quan.
· Le Babu Tanglang Quan 八步螳螂拳 de Wei Xiaotang 衛笑堂 (1901-1984), qui descend de la lignée de Jiang Hualong, est une variante du Meihua Tanglang Quan qui s’est développée à Taiwan.
· Le Mimen Tanglang Quan 秘門螳螂拳, mise au point par Wang Zijing 王字敬 (20e siècle) à partir du Meihua Tanglang Quan de Jiang Hualong.
· Enfin, le Taiji Tanglang Quan 太極螳螂拳 pratiqué actuellement au Viêt-nam et à Hongkong a été transmis par Zhao Zhuxi 趙竹溪 (1898-1991) de la lignée de Sun Yuanchang.
Qixing Tanglang Quan 七星螳螂拳
Le deuxième, la « Boxe de la Mante religieuse des sept étoiles » (Qixing Tanglang Quan) vient de Li Sanjian 李三剪 (1821-1930). De deux de ses élèves sont issus les deux styles principaux actuels, celui de Wang Rongsheng 王榮生 (1854-1926) et celui de Wang Yunpeng 王雲鵬 (né vers 1865).
Le style de Wang Ronsheng a été enseigné au fameux « Institut d’éducation physique de l’essence martiale » (Jingwu Tiyu Hui 精武體育會) de Shanghai, de Guangzhou et de Hongkong. De là il s’est propagé aux Etats-Unis et en Europe. Le professeur le plus connu est sans doute Luo Guangyu 羅光玉 (1889-1944) qui eut bien des disciples.
L’école de Wang Yunpeng n’est quasiment pratiquée qu’en Chine Populaire. Toutefois Gao Shikui 高世奎 l'enseigne à Paris.
Comparaison entre le Meihua et le Qixing Tanglang Quan
Ces deux branches sont cousines, puisque les techniques sont similaires, que la théorie est pour ainsi dire la même, qu’elles sont originaires de villes proches l’une de l’autre, que les quatre enchaînements principaux portent quasiment les mêmes noms et se ressemblent :
Bengbu/Bengbu 蹦步/崩步,
Luanjie/Lanjie 亂截/攔截,
Bazhou/Bazhou 八肘 et
Zhaiyao/Zhaiyao 摘要.
Liuhe Tanglang Quan 六合螳螂拳
La « Boxe de la Mante religieuse des six combinaisons » (Liuhe Tanglang Quan) descend de Lin Shichun 林世春 (fin 19e), un élève de Wei Delin 魏德林 (19e) un professeur de Tanglang Quan. Lin Shichun a combiné ce Tanglang Quan avec la boxe Liuhe Duanchui 六合短捶.
Cette branche du Liuhe Tanglang Quan s’est répandue dans la province du Shandong, grâce à Ding Zicheng 丁子成 (fin 19e-début 20e). Elle fut amenée à Taiwan par Zhang Xiangsan 張祥三 (20e) et Liu Yunqiao 劉雲樵 (1909-1992).
On y utilise de préférence la « posture quatre-six » (Siliubu 四六步). Les techniques ressemblent peu à celles des branches Meihua et Qixing. Toutefois, les trois branches reconnaissent Wang Lang comme le créateur de leur Tanglang Quan.
Tongbei Tanglang Quan 通背螳螂拳
Dans la province du Hebei, à Cangzhou 滄州, s’est développée une quatrième branche, la « Boxe de la Mante religieuse du dos traversé » (Tongbei Tanglang Quan). Elle remonte à Yang Junpu 楊俊普 (fin 19e).
Tanglang Quan moderne
Pour être complet, il faudrait encore citer le Tanglang Quan de compétition et de démonstration, mis au point par Yu Hai 于海 (né en 1942) à partir du Meihua et du Qixing Tanglang Quan.
Il s’agit plus d’une danse imitative moderne que d’un art martial traditionnel.
Yu Hai est par la suite devenu un acteur célèbre en Chine Populaire.
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Au Sud de la Chine
Dans la province de Guangdong 廣東, se trouvent l’autre groupe de boxes de la Mante religieuse. Il se subdivise essentiellement en deux branches.
La « Boxe de la famille Zhu » (Zhujia Jiao 朱家教) qui fut exclusivement transmise dans la communauté Hakka (Kejia 客家), jusqu'à Ye Rui 葉瑞 (20e). Il fut le premier à enseigner en dehors de cette communauté et changea le nom de sa boxe en Zhoujia Tanglang Quan 周家螳螂拳.
La deuxième branche méridionale est la « Boxe de la mante religieuse de la forêt de bambous » (Zhulin Tanglang Quan 竹林螳螂拳). Elle affirme descendre du moine Sanda 三達 (19e).
Ces deux branches s’intéressent surtout au combat rapproché, en utilisant le principe « sortir de l'eau (et) s'enfoncer, aspirer (et) expirer » (Fu chen tun tu 浮沉吞吐).
Elles ont une morphologie caractéristique de la province du Fujian 福建. De plus, l’enchaînement Sanjian 三箭 du Zhoujia Tanglang Quan est très semblable au Sanzhan 三戰 du Yongchun Baihe Quan, l’une des principales boxes de cette province.
09:15 Ecrit par Wenwu dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mante religieuse, tanglang, qixing
14 décembre 2006
L’origine du Taiji Quan et son rapport avec le Shaolin Quan
En 1994, dans notre livre « Taiji Quan art martial ancien de la famille Chen » (aujourd’hui épuisé), nous proposions une étude historique nouvelle sur l’origine du Taiji Quan.
Voici, légèrement résumé, ce que nous écrivions alors :
Pour essayer d'être plus clair, nous allons articuler cette discussion en huit points. Précisons que l'hypothèse sur l'origine du Taiji Quan, présentée ici, est inédite. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a le mérite de s'appuyer sur des faits vérifiables.
1er point
C'est seulement à partir de la génération de Chen Wangting (17e siècle), que les Chen commencent à être cités pour leur dextérité martiale. Chen Wangting serait-il alors le créateur du Taiji Quan, ou le tiendrait-il d'un autre boxeur étranger à la famille ?
2e point
Le lettré Tang Hao (1897-1959) qui fit des recherches à Chenjia Gou (le village de la famille Chen), a formulé l'hypothèse que le Taiji Quan aurait été mis au point par Chen Wangting (1600-1680), à partir notamment du traité du Général Qi Jiguang (1528-1588), le Jixiao Xinshu. En effet, ce livre contient 32 techniques illustrées, synthèse de 16 boxes différentes de la fin de la dynastie des Ming (1368-1644), or 29 des 32 noms de ces techniques se retrouvent dans les sept enchaînements anciens du Taiji Quan. De plus, certaines de ces techniques ressemblent à celles du Taiji Quan.
Il nous semble qu'ainsi, Tang Hao a démontré clairement, que le Taiji Quan a été fortement influencé par la boxe de Qi Jiguang, mais il n'a peut-être pas démontré que l'influence fut directe... Chen Wangting n'a-t-il eu en main que le livre de Qi Jiguang, ou a-t-il appris d'un autre boxeur qui descendrait directement ou indirectement de Qi Jiguang ?
3e point
A une cinquantaine de kilomètres du village des Chen se trouve le Monastère Shaolin (Monastère de la "Petite forêt"), rendu célèbre en Occident par une série hollywoodienne et des films commerciaux de Hong-Kong. Hélas aujourd'hui, le temple est peuplé d'athlètes et d’acrobates qui vendent une boxe de Shaolin modernisée à l'usage des touristes passionnés, fortunés et parfois un peu naïfs... Pourtant ce monastère connut de beaux jours et sa boxe fut réputée.
Si l'on compare les enchaînements actuels du Shaolin Quan (la Boxe de Shaolin), enfin ceux qui semblent les plus anciens, avec ceux du Taiji Quan, on est frappé par la ressemblance. Plus d'une trentaine de techniques et un enchaînement (Paochui), portent en effet le même nom.
Aujourd'hui d'innombrables livres paraissent. Mais autrefois les noms des techniques n'étaient pas révélés aussi facilement au grand public, il fallait apprendre cette boxe pour les connaître.
Nous soulignons ceci, afin d'expliquer que souvent des noms identiques sont l'indice que les boxes sont proches parentes !
Au hasard de nos investigations, nous avons ainsi relevé, parsemés dans les trois quarts des enchaînements de Shaolin, les noms de techniques de Taiji Quan suivants :
- Baihe Liang Chi (La grue blanche déploie ses ailes),
- Bai Jiao (Balayer le pied),
- Bai She Tu Xin (Le serpent blanc dardant sa langue),
- Bai Yuan Xian Guo (Le singe blanc offre un fruit),
- Baiyun Gai Ding (Les nuages blancs couvrent les sommets),
- Chao Tian (Se dresser vers le ciel),
- Chong (Attaquer),
- Da Hu (Frapper le tigre),
- Dan Bian (Le fouet),
- Dang Tou Pao (Tirer à bout portant avec un canon),
- Er Qi Jiao (Donner un coup de pied sauté),
- Fan Shen (Se retourner),
- Fu Hu (Subjuguer le tigre),
- Haidi Lao Yue (Sortir la lune du fond de la mer),
- Huai Zhong Pao Yue (Porter la lune dans son sein),
- Huang Long San Jiao Sui (Le dragon jaune agite l'eau trois fois),
- Jingang Daodui (Jingang martèle),
- Jin Ji Du Li (Le coq d'or debout sur une patte),
- Kua Hu (Chevaucher le tigre),
- Lan Zhou (Bloquer avec les coudes),
- Lian Huan Pao (Les trois coups de canon qui s'enchaînent),
- Niaolong Bai Wei (L'oiseau-dragon remue la queue),
- Qi Xing (Former les sept étoiles),
- Que Di Long (Le dragon joue à terre tel un moineau),
- Tongzi Bai Guanyin (L'enfant qui vénère Guanyin),
- Saotang Tui (Balayer avec la jambe),
- Shi Zhi Jiao (Croiser le pied),
- Shi Zhi Shou (Croiser les mains),
- Wan Gong She Hu (Tirer à l'arc sur le tigre),
- Weituo Xian Gan (Weituo montre sa perche),
- Xianren Zhi Lu (Le dieu qui montre le chemin du doigt),
- Xie Xing (Avancée oblique),
- Xuan Feng Jiao (Le coup de pied cyclone),
- Yanzi Zhuo (L'hirondelle picore),
- Ye Ma Fen Zong (La crinière du cheval sauvage séparée par le vent),
- Yu Nü Chuan Suo (La fille de jade lance la navette),
- Zhan Shou (La main coupante),
- etc.
Comme on le voit, la liste est longue. De plus, la théorie des deux boxes, présente quelques analogies (le Chansi, le Fajing, l'alternance du Gang et le Rou, les quatre Liang qui gouvernent mille livres, etc.) Bref, le Taiji Quan et le Shaolin Quan ont l'air d'être d'assez proches cousins.
Notons enfin que plusieurs des techniques que nous venons de citer, se trouvent également dans le livre de Qi Jiguang.
Nous pouvons conclure de cela qu'il semblerait que les boxes de Shaolin et de Chenjia Gou ont toutes deux subi l'influence de celle de Qi Jiguang, et que, vu la proximité du Mont Song et de Chenjia Gou, l'une des deux boxes soit à l'origine de l'autre ou tout du moins l'ait fortement transformée.
4e point
Les noms de Jingang et de Weituo (deux divinités protectrices, gardiennes des temples bouddhiques) qui sont donnés par exemple : au deuxième mouvement du Diyilu ("Premier enchaînement" du style Chen) et au 47e mouvement du Taiji Danjian (l'Epée du Taiji), ainsi que celui de Guanyin (une déesse très importante du panthéon bouddhique) qui est donné à la deuxième posture du Taiji Shisan Gan (l'enchaînement des "Treize techniques de la perche du Taiji"), ne correspondent pas à des techniques de la boxe de Qi Jiguang.
Ces trois divinités bouddhiques pourraient donc laisser penser que le Taiji Quan est un héritier du vieux Shaolin Quan, lui-même héritier de l'art du Général Qi. La moitié environ, des enchaînements de Shaolin contiennent en effet, au moins une technique de Qi Jiguang.
Rappelons que le Monastère Shaolin avait pour coutume d'inviter les experts de Wushu (Art martial), afin d'enrichir ses connaissances.
Mais poursuivons...
5e point
L'historien du Wushu, Matsuta Takachi, dans son "Historique des arts martiaux chinois" (Zhongguo Wushu Shilue), parle lui aussi de ressemblances troublantes. Il cite le Hongquan (le Poing rouge) qui était jadis le quatrième enchaînement de Taiji Quan, et le met en rapport avec le Hongquan, son homonyme, pratiqué au Monastère Shaolin.
De plus, dans un enchaînement de bâton du style de Chen Wangting, le Panluo Bang et dans un enchaînement de bâton du Monastère Shaolin, Matsuta Takachi trouve quatre techniques analogues et ayant le même nom :
- Chaotianshi, la Posture dressée vers le ciel,
- Danshanshi, la Posture du Mont Dan,
- Disheshi, la Posture du serpent rampant,
- Kuajianshi, la Posture où l'on enjambe l'épée.
6e point
Ce que Matsuta Takachi ne précise pas, c'est que deux de ces techniques de bâton (Chaotianshi et Kuajianshi) se retrouvent aussi dans le traité de la lance de Qi Jiguang ; et surtout que ces quatre techniques se trouvent dans un traité de Cheng Chongdou, paru en 1621 : Shaolin Gunfa Chan Zong, les "Explications des vrais techniques du bâton de Shaolin" !
Alors cela signifierait-il, que c'est le Shaolin Quan qui a influencé le Taiji Quan, puisque Cheng Chongdou est né une quarantaine d'années avant Chen Wangting ?
7e point
En 1984, un livre paru dans la province du Henan, et intitulé Shaolin Wushu, présente un enchaînement dénommé Xinyiquan (la Boxe du coeur et de la pensée, à ne pas confondre avec la "Boxe de la forme et de l'esprit" : Xingyi Quan). Jia Zhaoxuan y déclare que sa famille détient cette boxe depuis un de ses ancêtres : Jia Shuwang, qui apprit le Shaolin Quan au monastère.
Jia Zhaoxuan explique que son ancêtre a recopié un vieux manuscrit au monastère, manuscrit qui décrivait cet enchaînement. Tout ceci se passait sous le règne de l'Empereur Kangxi (1662-1723), c'est-à-dire autour de l'époque de la mort de Chen Wangting. Hélas la bibliothèque de Shaolin a brûlé lors de l'incendie du temple en 1928. Or ce Xinyi Quan présente la même succession de techniques que le Diyilu (le Premier enchaînement) du Taiji Quan et les noms mêmes des techniques présentent des analogies certaines et nombreuses !
Enchaînement Xinyiquan de la famille Jia
Jingang martèle (Jingang Daodui) du Xinyiquan de la famille Jia
Jingang martèle (Jingang Daodui) par Chen Zhaokui (1927-1981) d'après Chen shi Taiji Quan de Shen Jiazhen, Beijing, 1963
Technique de frapper le tigre (Da hu shi) du Xinyiquan
Courber le dos et faire Kao (Bei zhe kao) par Chen Zhaokui
Technique basse (Xia shi) du Xinyiquan
Tomber en croix (Die cha) par Chen Zhaokui
Les bras en croix, donner un coup de pied (Shi zi jiao) du Xinyiquan
Les bras en croix, balayer le lotus (Shi zi bai lian) par Chen Zhaokui
Lorsque, à la publication de ce livre chinois, nous avons fait cette découverte, nous avons été frappés entre autres, par plusieurs faits.
- Premièrement, les sites de Shaolin et de Chenjia Gou, ne sont distants que de deux jours de marche. D'ailleurs Chen Wangting s'y est rendu, pour tenter de raisonner son ami Li Jiyu, au 17e siècle.
- Deuxièmement, le Shaolin Quan et le Taiji Quan du style Chen, contrairement à ce que l'on pense habituellement, ont une théorie, des techniques et des enchaînements présentant de troublantes similitudes.
- Troisièmement, le Shaolin Quan, comme le Taiji Quan, doit beaucoup à la boxe du Général Qi Jiguang.
- Quatrièmement, certaines techniques existent ou existaient, dans les deux boxes, mais ne se retrouvent pas dans la boxe de Qi...
8e point
Le Monastère Shaolin a participé à la lutte contre les "Pirates japonais" (Wo kou) au 16e siècle, en envoyant sur place des moines guerriers. Vu les mauvais résultats obtenus par l'armée chinoise et les champions de Wushu (Art martial), le Général Qi fut appelé pour sauver la situation. Les techniques du général et de son armée, réussirent, là où d'autres avaient échoué. La boxe de Qi Jiguang fut alors entourée d'un légitime prestige et il est tout à fait possible que des moines de Shaolin aient pu s'initier à l'art du Général Qi.
Conclusion à ces huit points
Tout ceci, nous amène à penser, que sous l'influence de la boxe du Général Qi Jiguang (1528-1588), le Shaolin Quan (la Boxe de Shaolin) fut profondément réorganisé.
Puis quelques années plus tard, Chen Wangting (1600-1680), Jiang Fa ou un autre, apprit ce nouveau Shaolin Quan, et l'apporta au village des Chen.
Enfin, le Shaolin Quan fut ensuite et plusieurs fois, complètement réorganisé.
Bref, si notre hypothèse est la bonne, le Taiji Quan descendrait de la boxe de Qi, par l'intermédiaire du Shaolin Quan du 16e ou 17e siècle.
Bien sûr le Taiji Quan a dû subir d'autres influences et les Chen n'ont pas manqué de modifier leur art pour tenter de l'améliorer.
Toujours est-il que la Boxe du Taiji recèle des caractéristiques que l'on ne retrouve ni chez Qi Jiguang, ni chez les Jia, ni au Monastère Shaolin, comme l'alternance très marquée de la lenteur et de la rapidité, qui font de lui, un art original, bien qu'évidemment héritier du Wushu (Art martial) de l'ancienne Chine.
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Depuis, nous avons fait d'autres découvertes que nous espérons publier un jour.
Quant à l'historien Matsuta Takachi, au moment même où nous publions ceci en France, il sortait lui aussi, dans la revue japonaise Wushu, une étude sur les liens historiques entre le Shaolin Quan et le Taiji Quan...
19:30 Ecrit par Wenwu dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : taiji quan, shaolin quan, origine, tang hao, matsuta takachi, qi jiguang, chen wangting
14 novembre 2006
Arts martiaux chinois ou Kung Fu ?
En France et depuis les années 70, on emploie habituellement le mot Kung-Fu 功夫 (Gongfu selon la transcription Pinyin), afin de désigner la boxe chinoise en général. Cette expression nous vient des Etats-Unis où elle s'est imposée vers 1960.
Kung-Fu a de multiples sens en chinois :
- le temps ou l’effort que demande un travail ou un exercice,
- l’habilité, la compétence, la virtuosité, la dextérité, l’adresse ou la maîtrise,
- un travail, un exercice, un excellent exercice ou un exercice de qualité,
- un exercice spécial, ou complémentaire aux arts martiaux, bénéfique pour la santé ou permettant d'acquérir une capacité particulière.
En Cantonais (le dialecte principal des Chinois du Sud), l'expression Da Gongfu 打功夫 (s'exercer à la boxe) est utilisée. Et comme les Cantonais forment la communauté chinoise la plus nombreuse des Etats-Unis, le mot Gongfu s'est imposé.
Le succès du terme Kung-Fu en Occident a fait que même la Chine commence à l'utiliser dans le sens de boxe chinoise, essentiellement d'ailleurs pour ses produits d'exportation !
Néanmoins, la Chine Populaire préfère utiliser l'expression Wushu 武術 (Art martial). Le sens de Wushu est d'ailleurs plus précis que celui de Kungfu.
20:35 Ecrit par Wenwu dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts martiaux, kung fu, wushu, art martial, gongfu, définition








